Fin août 2011, l’Autorité Nationale de la Biodiversité (ANB) indienne, chargée de donner les autorisations pour accéder aux ressources naturelles du territoire, a annoncé l’engagement de poursuites pour "actes de biopiraterie" à l’encontre du géant de l’agroalimentaire Monsanto.
Un pillage des ressources et des savoirs traditionnels
En dépit du scandale autour de son coton Bt au prix élevé ayant ruiné et poussé au suicide bon nombre de petits paysans indiens, Monsanto n’est pas prête à abandonner ce marché d’un milliard de consommateurs.
Monsanto a ainsi utilisé en toute conscience et sans autorisation, une dizaine de variétés locales d’aubergine pour développer son "aubergine Bt", génétiquement modifiée afin de produire elle-même un insecticide. Selon un mode opératoire bien connu de Monsanto, l’aubergine Bt protégée par un brevet privatisera de fait le travail millénaire et les savoirs ancestraux des populations qui ont permis la sélection de variétés adaptées aux besoins locaux.
Les mêmes paysans qui ont permis le développement de ces variétés autochtones s’endetteront pour acheter des semences et payer des royalties, leur donnant accès à une technologie réputée de haut rendement, mais dont les failles sont déjà largement visibles dans des pays comme les Etats-Unis. [1]
Ce véritable pillage des ressources devrait être entravé par les poursuites par l’ANB annoncées il y a plus d’un mois. Notons cependant que la plainte n’a toujours pas été déposée.
Voir le reportage France 24 sur Monsanto et la biopiraterie en Inde
La France et la biopiraterie
La France n’est pas la dernière concernée par ces pratiques de biopiraterie puisqu’elle est à la fois "pays fournisseur" de ressources, notamment sur ses territoires d’Outre-mer, et "pays utilisateur", à travers ses multinationales qui n’hésitent pas à breveter des produits naturels et les savoirs traditionnels qui y sont associés.
Ainsi la France a signé ce 20 septembre 2011 le Protocole de Nagoya, censé lutter contre la biopiraterie. Espérons à présent qu’elle mette en application ses engagements internationaux !
Combat Monsanto, le 23 septembre 2011.
Pour en savoir plus :
¤ Voir le site de Combat Monsanto
[1] Voir : Un maïs OGM Monsanto mis en échec par l’"insecte à 1 milliard de dollars"